Littérature:Les Ancolies sont Immortelles/Prologue - Chrysanthème

De Magnus Codex
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Prologue
RecueilLes Ancolies sont Immortelles
Arc0 - Chrysanthème
TypeChapitre
ÉtatBrouillon

Prologue

Tout est perdu. Je vais mourir.

Mes mains et ma tunique sont pleines de sang. Le sang du cadavre défiguré que je tiens dans mes bras.

Ses yeux éteints me fixent encore avec douleur et espoir. Un espoir vain, j'ai été trop faible pour le sauver.

Ma magie ne sert à rien. Je ne sers à rien.

Je lève la tête vers mes amis, mes compagnons, qui me tournent le dos, armes levées vers le monstre qui nous toise.

Et qui va tous nous tuer.

Des larmes de colère coulent sur mes joues. Quelle idiote ! Combien de gens sont déjà morts par ma faute ? Combien vont encore mourir ? Pourquoi je continue ?

Il faut que ça s'arrête. Je vais mourir, et tout sera enfin terminé.

Je capte le regard d'un noir profond que me lance une de mes compagnones par dessus son épaule. Ils s'inquiètent pour moi.

Non, pire.

Ils comptent sur moi.

Et surtout, il y a quelqu'un, loin, qui a besoin de moi.

Je vais mourir ici, je le sais. Ce monstre est inarrêtable. Je veux mourir, pour que la douleur cesse.

Mais je n'en n'ai pas le droit.

Merde.

MERDE !

Pour qui ils se prennent, au juste ? Ils veulent m'aider mais ils sont tous stupides ! Qu'ils meurent avec moi, si ça les chante ! J'ai jamais rien demandé de tout ça !

Le monstre s'avance lentement, faisant craquer le sol couvert de verre noir à chacun de ses pas.

Mes compagnons tendent leur muscles, attendant sa première attaque avant d'engager le combat.

Ils savent qu'ils vont mourir. Ils ont juste l'air de s'en foutre.

Ou bien sans doute s'attendent-t-ils à ce que je les sauve en construisant un sort astucieux ou en improvisant une tactique salvatrice.

Mais non, je suis juste faible, insipide, pleutre, pusilanime, juste bonne a répéter ce que j'ai lu dans les livre et à avoir de grands airs.

Le monstre me fixe moi. Il est presque arrivé au niveau de mes compagnons qui n'osent toujours pas lancer le combat.

À vrai dire, à ce stade, je ne sais pas si je dois l'insulter ou le remercier.

Mes pensées se brouillent, des idées noires et incohérentes tourbillonnent dans mon esprit et me paralysent sur place.

Vais-je vraiment mourir ?

Mon regard se pose sur le pantin désarticulé qui dodeline dans mes bras.

Tout est perdu.